L’histoire de la commune

Lecci et son histoire

Lecci, doit son nom à l’importance de la forêt de chênes verts, largement exploitées pour la fabrication du charbon de bois jusqu’au début du XXème siècle. Des documents attestent que le port naturel de San Ciprianu servait de départ pour l’exportation du charbon vers l’Italie et sur le terrain demeurent visibles les aires où étaient dressées les meules des charbonniers.

 

La géologie détermine la grande variété des paysages : les divers types de granites et les granodiorites plus ou moins altérables, produisent des dépôts colmatant les bas-fonds, ou les reliefs en boules des sommets. La Punta di Sant’Andria (314 m) et la Punta di Piccu (498 m) composée de diorites sont des points remarquables. L’Osu, au régime torrentiel, qui a transporté des quantités importantes de matériaux sableux, a rencontré l’éminence de Cala Rossa, créant un delta d’une riche biodiversité, entre San Ciprianu et la butte de Stagnolu. Des filons de microgranites ou de rhyolites forment des arêtes qui compartimentent l’espace. L’Osu, orienté au nord-ouest, a toujours été une voie de passage très fréquentée vers U Spidali, et au-delà vers San-Gavinu, Zonza,…

Préhistoire

 

Une vingtaine de sites archéologiques a été inventoriée sur la commune de Lecci, dans une étroite bande de 2,5 Km : on note le double sur la piaghja de Zonza, mais sur un territoire deux fois plus large. En fait, les limites administratives actuelles ne signifient pas grand-chose quand il s’agit de préhistoire…

Toutes les périodes sont représentées, depuis le néolithique ancien de San Ciprianu (VIème millénaire) ou Néolithique moyen de I Caselli-Bacca et de San Ciprianu (4500-4000 avant J.-C.). Le Terrinien (environ 3000 av. J.C.) a été reconnu, mais plusieurs sites restent indéterminés.

L’Age du bronze final ou le début de l’Age du fer est identifié à l’enceinte mégalithique de Portivichjacciu- Vigna Piana, qui renvoie aux proches structures de Vaddi et d’Araghju. Il y a 5 sites de l’Age du fer, des collines au bord de mer.

Antiquité

 

L’Antiquité demeure visible à U Benedettu et à San Ciprianu (Vème siècle avant notre ère – Vème siècle après J.C.) : un millénaire de fréquentation des rives de l’Osu et du bord de mer. Un « comptoir » romain était installé près de l’émissaire de l’étang. A proximité on peut observer les traces d’une chapelle paléochrétienne dédiée à San Ciprianu. La cité de Roubra, selon la carte de Ptolémée pourrait être localisée sur la rive droite de l’Osu où existent de larges épandages de tessons d’amphores gréco-italiques (IIIème – IIème siècle av. J.C.). L’archéologie sous-marine s’enrichi de plusieurs gisements. Un dépôt d’archéologie sous-marine a été construit pour exploiter les résultats des recherches dans les nombreuses épaves de la région..Faute de financements de la DRASSM, cette structure n’a pu encore ouvrir… Quelques vestiges, dont un glaive d’officier romain, la trousse à outils de tailleur de marbre, sont exposés à la Mairie de Lecci ; d’autres ont été confiés au musée de Sartène (voir à ce sujet les travaux de l’ARSEC).

Invasions

 

Entre le Vème siècle et le Moyen-âge, les vagues successives d’envahisseurs ont repoussé les habitants vers les montagnes. Reste de cette époque un lieu-dit Sarazini, près de la pointe de Carraghja.

 

Epoque génoise

 

Un premier bâtiment, qui abritait une garnison, une sorte de fort, daterait de la fondation de Porti Vechju. La première tour génoise construite vers 1550 aurait été celle située sur la pointe du Benedettu, celle de San Ciprianu aurait été édifiée dans les années 1590.

 

Transhumance

 

Depuis des temps immémoriaux (6000 ans?), les chemins de transhumance empruntaient la vallée de l’Osu l’un vers le col d’Illarata pour rejoindre l’Alta Rocca vers Zonza et le plateau du Cuscionu et l’autre vers le plateau de Luviu par Abaghja l’Alzu au dessus de Capu. Jusqu’à la moitié du XXème siècle, le territoire de Lecci n’était habité que de la fin octobre à la fin avril pour cause d’insalubrité (paludisme).

Eglises disparues

 

Selon la tradition orale, une communauté religieuse aurait vécu près de la pointe de Sant’ Andria, et près de la fontaine de Burucciu se trouvaient les ruines d’un édifice religieux, difficiles à repérer aujourd’hui mais la route de Torraccia à Burucciu s’appelait a strada di San Paulu.

 

Hameaux

 

Les hameaux sont construits sur les hauteurs et à proximité de sources: Turraccia, I Vatuli (où se trouve l’église de Sant’ Andria), Capu, Porti-Vichjacciu, Vigna-Piana. On peut encore voir les ruines de hameaux abandonnés: Burucciu et Turricioli. Le hameau de La Croix (A Cruci) situé au carrefour de la route nationale, de construction plus récente est devenu le centre du village. La construction du chemin de fer avec la gare est sans doute à l’origine de l’extension de cette partie du village. La ligne a fonctionné du 25 septembre 1935 au 15 septembre 1943 soit huit ans.

Première guerre mondiale

 

Le monument aux morts érigé en face de l’église Sant’Andria atteste du lourd tribu payé par toutes les familles de la commune à ce premier conflit. Aux noms des morts il faut ajouter ceux des mutilés et les conséquences désastreuses sur le plan économique de la disparition des forces vives du village.

 

Seconde guerre mondiale

 

Comme l’ensemble de la Corse, la commune a subit l’occupation Italienne à partir du débarquement (11 novembre1942 à Bastia) jusqu’à la libération de septembre 1943. Les ruines du pont de chemin de fer détruit sur le Fiumu d’Osu témoignent des combats des forces de la Résistance contre les troupes nazies stationnées en Sardaigne et en Corse du Maréchal Kesserling qui tentaient de rejoindre l’Italie en longeant la côte orientale de Bonifacio vers Bastia.

Vous trouverez ICI un rapport des opérations de la libération de la Corse pendant la seconde guerre mondiale.